mon village est mon avenir

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi, mai 19 2009

AVENIR DE LA SOCIÉTÉ RURALE : ''LE PUBLIC S’EN FOUT !''

Texte d'une note rédigée le 18 mai 2009 à la demande de Jacques Faine de l'association Mon village demain.

On dit deux évidences :

1) – Trop de monde dans les grandes villes – Ça coûte de plus en plus cher – On n’en verra jamais le bout – C’est intolérable…

2) – Plus on vide les campagnes, plus elles reviennent cher. C’est intolérable… Tout le monde est d’accord et applaudit des deux mains.

On essaie d’aller un tout petit plus loin en disant : Si on tentait de mieux équilibrer la répartition des populations sur le territoire, le besoin en infrastructures des villes serait moins pressant ; les infrastructures existant dans les campagnes seraient mieux valorisées, les populations rurales pourraient mieux supporter leur coût. Elles coûteraient donc moins cher à la collectivité. On ne rencontre plus alors que sourires polis et désintérêts… Le sujet est tabou ; pas question de le mettre à l’ordre du jour…

Si on prétend élever encore le débat en maintenant que le temps n’est plus où il n’était pas d’avenir, pour les entreprises, hors la « zone industrielle », et que le nombre de ces entreprises pouvant s’affranchir des contraintes de localisation est de plus en plus conséquent… on n’est même plus écouté !



Un constat : Depuis le temps qu’on maintient artificiellement le mouvement « de la campagne vers la ville ; de la ferme vers l’usine » – qui d’ailleurs n’existent plus en l’état, ni l’une ni l’autre – hormis le cas d’élections tout à fait locales (municipales, cantonales, à la rigueur législatives quand la circonscription est totalement rurale), la population rurale n’est plus audible. Même pour les régionales, dans la plupart des cas, le système électorale lui-même fait que, par souci d’efficacité, les candidats contraints de choisir sacrifieront les quelques voix que pourrait leur apporter le monde rural. Quand bien même leur sensibilité personnelle les y inclinerait (Ce qui peut se trouver, mais n’est pas toujours le cas !), ils ne peuvent pas se permettre de consacrer leur temps à quelques ruraux éparpillés pendant que leurs concurrents “ draguent ” les voix des masses urbaines.

C’est donc l’évolution démographique qui fait que, quoi que l’on fasse, on se retrouve dans une situation totalement en marge de la démocratie où une minorité artificiellement constituée – ce qui subsiste de la société rurale – est exclue de fait de la démarche républicaine.

Les citadins se détournent d’un débat dont ils ne voient pas la nécessité ; Les ruraux, qui n’ont plus la moindre illusion, ont renoncé depuis longtemps…

Comment s’étonner, dans ces conditions, qu’on puisse parler aux uns et aux autres de remises en causes d’acquis fondamentaux de la République sans qu’ils bronchent ?… Massacre des services publics ; révision de la carte judiciaire ; fermeture d’hôpitaux et de maternités ; massacre des communes (déjà bien engagé…) ; massacre des départements ; remise en cause des régions… De tout cela dont on se garde bien d’indiquer aux gens toutes les conséquences sur leurs droits et libertés, on ne leur souligne guère que les aspects les plus spectaculaires et de nature à flatter le goût du sensationnel propre à notre époque.

L’idée fourre-tout du « Grand Paris » en est un exemple typique. La pire concentration urbaine (jusqu’au Havre…) qui puisse exister, avec toutes les conséquences catastrophiques qu’on peut imaginer sur la qualité de vie et l’environnement… Très à la mode, avec l’aide de quelques annonces plus spectaculaires les unes que les autres (concours d’architectes, projet de tours monstrueuses…), elle focalise toute l’attention.

Allez, après ça, parler du devenir des villages…

Le mot “ village ” lui-même semble être devenu politiquement incorrect… Le modeste essai que j’ai publié en juillet 2006, sous le titre Le réveil des Villages est le seul de mes livres à m’avoir posé de réels problèmes d’éditions. Si, en fin de compte, il a pu voir le jour grâce à la ténacité d’un éditeur régional de mes amis et à l’aide du parc naturel régional du Morvan, il n’est pas un élu régional, un responsable d’aménagement ou un leader d’opinion quelconque qui ait osé aller au bout de ce que, dans un premier temps, on m’avait promis… Pas une réunion, pas un débat, pas une seule critique, dans un sens comme dans l’autre d’ailleurs…

Le silence peut avoir, on le sait, beaucoup de formes. Il peut être indifférent. Il le fut. Il peut être réprobateur. Il le fut aussi… Il peut être gêné ! Il le fut bien plus encore !

Même chose ou presque pour le blog que j’ai récemment tenté de lancer. Il est toujours accessible sous le titre <http://monvillagemonavenir.free.fr/> bien que j’en ai temporairement arrêté la rédaction tant les réactions étaient discrètes… Je compte la reprendre ultérieurement sous une autre forme technique.

Bref, ces quelques observations amènent, il faut bien le reconnaître à une impasse. On peut obtenir un relatif consensus d’un certain nombre de personnes dès lors qu’on ne dépasse pas le stade des idées. On ne parvient pas pour autant, jusqu’à maintenant, à mobiliser autour de revendications ou de projets précis.

Là où nous sommes quelques-uns à voir la formidable opportunité de développement à côté de laquelle notre société est en train de passer, et à revendiquer les moyens de le faire savoir, nous ne rencontrons, autour de nous, qu’approbation polie pour des points de vue jugé par le plus grand nombre, sinon sans intérêt, du moins trop anachroniques pour mériter plus…

S’il doit y avoir réveil – ce que je souhaite ardemment bien sûr – il ne viendra que du jour où on pourra imputer quelques graves déconvenues de notre société aux conséquences de l’abandon pur et simple de son espace rural dont elle se rend coupable. On peut d’ores et déjà écrire que, lorsque ce jour surviendra – s’il doit survenir – il n’y aura plus assez de ruraux pour pouvoir mener ce combat. La prise de conscience doit donc nécessairement venir de gens déjà coupés de leurs origines rurales.

Ce n’est pas pour rendre plus simple la pédagogie qu’il faudra bien mettre en œuvre… Mais le choix n’existe plus…

jeudi, mars 26 2009

« TOUJOURS PLUS » NE SUFFIRA PAS…

Le 17 novembre dernier, nous émettions quelques doutes quant à la possibilité pour l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) de mener à bien les somptueux programmes de rénovation des banlieues lancés en 2003 par Jean-Louis Borloo, du temps qu’il était ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine.

En soi, l’idée n’était pas mauvaise. Ou du moins, le besoin était telle qu’elle ne pouvait pas souffrir d’un mauvais accueil. On pourrait même dire que la planche de salut à parut trop belle et pour tout dire inespérée ! On a aujourd’hui quelques chiffres qui ne font malheureusement que préciser les inquiétudes de l’automne dernier.

L’Etat se défausse…

A fin 2008, les opérations engagées représentaient un débours total de 36,6 milliards d’euros à étaler sur les 5 prochaines années. Les collectivités territoriales concernées mettant largement la main à la poche – prouvant par là, au passage, leur utilité ! – les 12 milliards prévus par l’Etat auraient pu représenter une part non négligeable de ce bel effort de remise à niveau de nos cités si…

La belle promesse du président de la République, en décembre dernier, d’apporter des crédits supplémentaires à hauteur de 550 millions d’euros (350 en autorisations d’engagements et 200 en crédits de paiement), remise dans son contexte, apparaît tout de même un peut “ petit bras ” lorsqu’on découvre que, pour mener à bien les seules opérations déjà engagées, il manque d’ores et déjà 1,5 milliard d’euros…

Et ce ne serait rien si l’Etat, qui avait promis de payer de sa poche la moitié des 12 milliards initialement prévus, ne venait pas tout bonnement de se désengager alors que ses versements atteignent difficilement 800 millions d’euros… Selon Philippe Dallier, sénateur apparenté UMP de Seine-Saint-Denis, les caisses seront vides dès 2012… Et l’on voit mal comment le “ 1% logement ”, sur lequel l’Etat se défausse, pourra assumer ce fardeau alors que ses gestionnaires ont déjà bien du mal à faire face à toutes leurs missions…

Où est l’homme ?

Et pendant ce temps on se dispute pour savoir par où passera la grande rocade qui doit relayer les périphériques, la A86 et la Francilienne totalement saturées… Et pendant ce temps, au projet de “ Grand Paris ” lancé par la commission Balladur, on oppose les grandes idées de quelques architectes fumeux totalement oublieux de la dimension humaine. On évoque des tours en plein Paris qui en remontreraient à celle d’Amérique, de Pékin, de Singapour ou d’ailleurs… On remet sur le tapis la notion usée jusqu’à la corde d’agglomération parisienne dégoulinant le long de la Seine jusqu’au Havre…

Mais de qui se moque-t-on ? Où est l’homme, là-dedans et sa juste aspiration à simplement bien vivre ? Que fait-on de nos villages qui ne demandent rien d’autre que de mettre leurs infrastructures – existantes bien que si mal entretenues – au service de cette simple et légitime exigence ?

Un tonneau des Danaïdes…

Il n’est pas de meilleures intentions que celles qui ont présidé à la création de l’ANRU. Mais, avant même que l’idée en vienne, tout indiquait déjà qu’elles étaient de celles qui pavent l’enfer… Tout restant égal par ailleurs, la ville, telle qu’on la conçoit actuellement et si on s’obstine à l’aveuglement de sa seule suggestion, est un tonneau des Danaïdes qui nous consommera et nous consumera jusqu’à la lie.

Alors qu’à sa porte s’offrent sans limite les moyens de vivre tellement mieux, de produire et de bâtir à échelle d’hommes…

vendredi, mars 6 2009

Le rapport Balladur est-il enterré ?

Pas de chance, monsieur Balladur ! L’ancien premier ministre avait pourtant presque réussi la quadrature du cercle ! Réformer sans rien changer. C’était du moins ainsi qu’il présentait le travail réalisé par la commission dont le président de la République lui avait confié la présidence.

On y aura au moins gagné un beau qualificatif de l’administration territoriale devenue le “ mille-feuilles ” ! Ça lui restera sans qu’elle perde vraisemblablement la moindre de ces strates avant fort longtemps ! En somme, sans s’arrêter à ce curieux redécoupage des régions simplement “ proposé ” à ce qu’il paraît et sur lequel tout le monde s’est trop vite focalisé, il se serait agi, en fin de compte, de supprimer les cantons pour leur substituer les communautés de communes et de faire des départements de simples services décentralisés des régions.

Méfiance préventive…

Après tout, l’idée n’aurait pas été plus choquante qu’une autre et aurait même pu se rallier nombre d’adhérents si, dès le départ, avant même qu’on connaisse la teneur de ce fameux rapport, les boucliers de la défiance n’avaient pas été levés. Quand on voit le désordre semé dans tous les domaines qu’on a ainsi prétendu réformer autoritairement depuis un an et demi, on comprend que tous les acteurs régionaux se soient montrés d’une telle méfiance préventive… Dommage pourtant, car tout le monde convient qu’à trop superposer les structures, depuis quelques années, on a embroussaillé le paysage des administrations régionales à un point tel qu’une vache n’y retrouverait pas son veau ! Le problème, c’est qu’on ne voit pas très bien par où le rapport remis le 5 mars au président de la République par monsieur Balladur remettra vraiment de l’ordre à tout ça.

Le politique a dévoyé les communautés de communes

On sait très bien que, partie d’un très bon sentiment et d’une riche idée, les communautés de communes qui devaient associer celles que motivaient les mêmes préoccupations, dans des contextes économiques et géographiques bien identifiés, ont été dévoyées dès leur création par le politique qui les a récupérées. Comme il a d’ailleurs récupéré les “ pays ” qu’on créait en même temps, qui manipulent maintenant beaucoup d’argent et dont on ne sait pas toujours clairement ce à quoi ils servent…

Quant au processus par lequel seront simultanément élus conseillers généraux et régionaux, à le découvrir, on reste assez perplexe ! Comment fonctionnera-t-il et surtout quelle sera son utilité ? On ne le sait pas très bien. A priori, l’idée de spécialiser l’action des conseils régionaux et des conseils généraux qui deviendraient des sortes de services décentralisés des premiers n’est pas plus mauvaise qu’une autre. A condition qu’il en soit bien ainsi. Ce qui sous-entend quelques suppressions de postes d’élus (quid de l’actuel président du Conseil Général ?) et d’administratif (quid, par exemple, du puissant secrétaire général actuel de la préfecture ?) qui sont fort loin d’être acquises !

La surprenante prudence de Nicolas Sarkosy…

D’où, probablement, la surprenante modération du président de la République pour qui il semble urgent… d’attendre ! Il faut se concerter, des délais de réflexion sont nécessaires… Pour un peu, face à l’impatience d’Edouard Balladur pour qui « attendre, c’est ce qu’on fait depuis 20 ans ! Il est temps de décider », c’est le bouillonnant Nicolas Sarkosy qui ferait figure de timoré… On aura tout vu !

Bref, si l’on échappe, pour l’instant, à la dramatique désorganisation que n’auraient pas manquée de provoquer des décisions trop brutales, ce n’est pas demain la veille qu’on cessera de dénoncer les pertes de temps et les aberrations provoquées par le « Mille-feuilles. » Au moins aura-t-on gagné à tout cela de savoir enfin désigner le mal dont souffrent nos campagnes !

jeudi, février 26 2009

Commentaire de “ Tisha ” du 25/02/09, au sujet de : “ Redécoupage territorial – Les limites de la commission Balladur ”

Et personne ne fait remarquer que les régions étant en majorité à gauche, il faut faire exploser cette situation ?

RÉFORME TERRITORIALE : LES RAISONS D’UNE URGENCE

Pourquoi faut-il tout à coup, et dans la plus grande urgence, crier haro sur le baudet territorial et vouloir à tous prix tout réformer ? Certes, la mode, l’air du temps y sont pour beaucoup, mais de là à déclencher une telle tempête…

Notre sous-préfet, on y tient !

Depuis nos villages, nul besoin de nous indiquer où se trouve le chef-lieu de canton. Celui-là, d’ailleurs, on n’en a plus trop besoin. On ne s’en sert plus guère. La sous-préfecture, en revanche, outre qu’elle est souvent voisine du marché et des grandes surfaces, ce qui est tout de même commode, on y tient. Non pas qu’on soit habitués des salons de monsieur le sous-préfet, mais ses services, qu’il s’agisse de la carte grise de la nouvelle voiture ou du tracteur, des impôts ou de l’équipement, pour ne citer que ceux-là, on a besoin de les avoir sous la main. Au-delà, s’il est nécessaire d’y “ monter ”, le conseiller général ou le député qu’on sait pertinemment où trouver, seront des guides d’autant plus efficaces qu’ils savent, les uns comme les autres, le bénéfice à en tirer, en termes de voix aux prochaines élections !

Tiens, au fait, le nom du conseiller régional ne m’est pas tombé sous les touches de mon ordinateur… Révélateur ! En clair, pour les ruraux que nous sommes, et bien que nous soyons parfaitement capables d’aller chercher au “ niveau ” de la Région ce dont nous avons besoin, l’organisation territoriale reste parfaitement lisible et efficace dans la mesure où elle ne s’éloigne pas trop du schéma – génial pour l’époque – instauré par l’Assemblée constituante en 1790. Il faut bien dire que les Régions peinent plus à s’inscrire dans la logique du paysage territorial que nous contemplons, d’en bas, depuis l’intangible réalité de nos villages.

Un invraisemblable capharnaüm !

De Gaulle, déjà, s’y est cassé les dents. C’est même sur la proposition de l’instauration d’une certaine régionalisation que le référendum de 1969 a achoppé et qu’il a quitté le pouvoir. Si les conseils régionaux ont été créés en juillet 1972, il a tout de même fallu attendre mars 1982 et la régionalisation de Pierre Mauroy pour que le suffrage universel leur donne la caution du vote populaire. Ce n’est pourtant pas ce qui empêche que l’habitude se soit prise d’user sans vergogne des services régionaux.

Ah, bien sûr, si l’on passe de l’autre côté de la barrière, les choses se compliquent. « La multiplicité des procédures contractuelles entre l’Etat et les Collectivités (multiplicité amplifiée par l’émergence des financements européens), les domaines d’intervention larges et enchevêtrés de chaque collectivité du fait de la clause générale de compétences, ont provoqué un empilement des dispositifs d’intervention, et un brouillage autant institutionnel que fonctionnel entre elles. (…) Les dossiers sont longs et complexes à monter au regard du nombre d’intervenants, des « temps différents » en termes de décision et de paiement, des cahiers des charges et des priorités également différents. » explique Evelyne Couillerot en s’essoufflant un peu – et il y a de quoi ! Première vice-présidente (PS) du conseil général de Saône-et-Loire, elle sait de quoi elle parle.

Mais donc, ce n’est pas pour nous, paisibles et modestes administrés des campagnes, que cette réforme est une urgente nécessité. C’est pour ceux-là même qui ont concocté les règlements qui régissent, dans un capharnaüm invraisemblable, ces strates accumulées de pouvoir que l’affaire devient complètement illisible. Et pourquoi donc, voulez-vous me le dire, faudrait-il que nous subissions l’imbroglio d’une réforme qui a tout d’une usine à gaz alors que nous n’en ressentons pas le besoin ?

L’urgence de la reconquête

Que nos élus et nos technocrates de tous poils s’en prennent à eux-mêmes, pas à nous. Désolés, mais, notre conseiller général, notre sous-préfecture, nos services départements et régionaux, nous y tenons ! Comme notre poste et notre école, ils ont fait amplement la preuve de leur fiabilité ! Ce qui ne veut pas dire que tout cela n’ait pas besoin d’un sérieux coup de chiffon ! Est-ce parce qu’on fait le ménage qu’on chamboule tout ?

Sauf, bien sûr, à ce qu’on prenne prétexte du nécessaire dépoussiérage pour faire tomber du buffet les poteries et la vaisselle dont on veut changer… « Et personne ne fait remarquer que les régions étant en majorité à gauche, il faut faire exploser cette situation ? », s’étonne avec beaucoup de pertinence une habituée de ce blog. Pardi ! Pourquoi croyez-vous qu’on a jugé nécessaire de sortir Edouard Balladur de sa retraite ? L’aurait-on fait s’il n’y avait pas urgence à entamer la procédure de reconquête de tous les conseils régionaux gagnés par la gauche, aux dernières élections ?

mardi, février 24 2009

Redécoupage territorial. Les limites de la commission Balladur

On redoutait le pire. N’aura-t-on que le dérisoire ? Certes Edouard Balladur à qui le président Sarkosy n’a rien à refuser, n’est pas le genre d’homme dont on attend qu’il attache une importance fondamentale au devenir de ce qui se trouve au-delà de la Porte d’Orléans. Sauf bien sûr à Chamonix, où il séjourne souvent. Peut-être d’ailleurs serait-ce un service à lui rendre que de lui révéler qu’il ne suffit pas de jouir du panorama de glacier des Bossons et des aiguilles, depuis la fenêtre de son bureau, pour comprendre ce que sont les problèmes du Quercy, de la Saintonges ou de l’Artois…

Quinze régions au lieu de vingt-deux…

Voilà, pour l’essentiel, à quoi semble tenir la grande réforme que propose le rapport que l’ancien premier ministre doit remettre le 25 février au président de la République. On pourrait presque en sourire et se dire que, après tout, on a encore une chance d’échapper au chambardement apocalyptique qu’on nous promettait voici encore quelques semaines. Ce serait sans compter avec l’énorme effet de désorganisation que ne manquerait pas d’avoir ce redécoupage assez vain que propose sa commission, s’il devait être mis en œuvre. Et quels moyens les régions concernées gagneront à ce petit jeu de recomposition ? Nul, évidemment ne le sait. Qu’adviendra-t-il des rapports Régions-Départements qui sont tout de même au cœur du problème ? Quant aux rapports Etat-Régions, on n’en parle même pas. La décentralisation voulue par François Mitterrand a pourtant donné de bons résultats. Elle en aurait probablement donné de meilleurs encore si elle avait été menée à son terme. Mais il n’y a rien à faire. Sauf à espérer je ne sais quel chambardement total, la France est et restera Jacobine. Autour de nous, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie dans une moindre mesure, et même la Grande-Bretagne ont transféré beaucoup de pouvoir, sinon l’essentiel du pouvoir à leurs régions. En France, nous serons toujours incapables d’aller au bout de cette logique.

Assumer sa croix d’habitant de la campagne…

C’est d’ailleurs moins de manque de décentralisation dont nous souffrons que d’excès de parisianisme… Ce n’est pas nouveau. Cela a toujours existé, mais cela prend, de nos jours, des proportions insupportables. Demandez aux usagers de la gare Saint-Lazare ce qu’ils en pensent ! (voir Suggestions iconoclastes du 10/02/09) Demandez aux créateurs de tous poils qui refusent l’impérialisme parisien. Demandez leur ce qu’il en coûte parfois, quand il s’agit d’assurer sa promotion, d’avoir à assumer sa croix d’habitant de la campagne ! Alors, dans ces conditions, que la Bourgogne fusionne avec la Franche-Comté, ou que, curieusement, la Corrèze et la Creuse se retrouvent dans la même région que le Loiret, que la Picardie soit dépecée et le Puy-de-Dôme… disputé, quelle importance ? Qu’on me dise ce qui en sera changé.

Poudre aux yeux ! La montagne, une fois de plus, aura accouché d’une souris, ce qui ne nous évitera pas de devoir assumer le coût de la désorganisation. Il faudra bien payer et, comme on n’en aura plus les moyens, il faudra bien accepter de s’appauvrir, le temps que s’effacent, dans le temps, les effets de la gabegie.

L'ARGENT DE LA PAC RÉORIENTÉ VERS LE MONDE RURAL ?

A compter du 30 avril prochain, il suffira d’aller sur internet pour savoir à qui profitent les aides européennes à l’agriculture.

LE site que l’on attend !

A l’heure qu’il est, si vous tapez www.telepac.gouv.fr, vous n’obtenez… rien ! On nous promet pourtant que, dans deux mois à peine, le voile sera levé. Qu’on étale ainsi sur la vaste place public de la toile la vérité concernant la répartition des quelques 8 milliards d’euros d’aides directes de la politique agricole commune (PAC) alloués à la France est un événement d’une telle porté qu’il paraît légitime de se montrer, sinon sceptique, du moins attentiste sur la réalité de l’information. Comme Saint-Thomas ne croyait, à ce qu’il paraît, que ce qu’il voyait, on est curieux par avance d’assister aux réactions que ne manquerait pas de provoquer l’éventuelle désignation claire et sans ambiguïté de ces 5300 bénéficiaires, par exemple, sur un total de presque 400.000, qui touchent plus de 100.000 euros par an. Et on a bien du mal à croire qu’on nous donnera en pâture les noms des trente sept bienheureux qui, pour leur part, empochent plus de 300.000 euros par an…

Sachant que la moyenne des sommes touchées par les bénéficiaires de ces aides tourne autour de 20.000 euros, on imagine le peu d’incidence qu’elles peuvent avoir sur les exploitations de ceux qui touchent le moins !

Où vont les milliards de la PAC ?

Là n’est pas pourtant, de notre point de vue, le plus important. Que certaines entreprises, parmi lesquelles des multinationales, que des hommes politiques et des personnalités fort médiatisées et n’ayant pourtant que bien peu de rapport réel avec la production agricole, se trouvent parmi ceux qu’abreuvent le plus généreusement cette abondante fontaine bruxelloise, on le sait et on le déplore depuis longtemps. Qu’on parvienne, par le moyen de cette publication, à nettoyer ces écuries d’Augias est une autre suggestion qui peut laisser sceptique…

Il serait plus intéressant – et peut-être ce site salvateur nous réservera-t-il la divine surprise de satisfaire notre insatiable curiosité – de savoir où vont ces sommes. Quelle proportion de ces 8 milliards si mal distribués – mais tout va changer, puisqu’on nous le promet… – aboutit-elle pour de bon dans l’environnement de ces producteurs, c’est à dire dans le monde rural ?

Génération après génération, le développement urbain a été financé par le rachat de l’exploitation familiale à ses frères et sœurs par celui resté à la terre. Ceci n’est pas nouveau. On pourrait donc poser globalement que, depuis que l’exode rural est devenu une réalité, le développement urbain a été financé par l’appauvrissement des campagnes.

« Moins pour les gros, plus pour les petits… » Qui y croit ?

Ce sont ces sommes-là qui ont manqué pour que se maintiennent, évoluent et se développent, des activités autres qu’agricoles. Ce sont ces sommes-là dont l’activité urbaine en général est débitrice à l’égard du monde rural. Surtout bien sûr depuis que le constat a été fait qu’on ne pouvait garantir au consommateur d’avoir une assiette toujours bien garnie et à un prix abordable qu’à la condition d’en payer une bonne part pour lui. C’est à ça que servent les aides de la PAC.

Elles ne pourraient être à la rigueur assimilées à un remboursement de ce qui est dû au monde rural que si elles l’atteignaient pour de bon et aidaient, en fin de course, à son développement. Or, on vient de le voir, ce n’est absolument pas le cas puisque la plus grosse part de ces fameux 8 milliards d’euros annuels arrivent dans l’escarcelle de gens qu’on a bien plus de chance de croiser dans le XVIè arrondissement de Paris ou à Neuilly que dans la rue unique d’un de nos innombrables petits villages.

Les choses changeront-elles lorsque, ainsi qu’on nous le promet, « les gros céréaliers toucheront beaucoup moins et les petits éleveurs, beaucoup plus » ? Il faut d’abord se pincer pour y croire et être d’un naturel très, très optimiste !

jeudi, février 19 2009

SOLIDARITÉ !

Ce qui se passe actuellement à la Guadeloupe, à la Martinique ou à la Réunion est la caricature de ce qu’ont subi et continuent de subir les “ provinces ” de ce pays bien trop centralisé qu’est la France.

De tout temps ou presque, notre jacobinisme indécrottable a attiré vers Paris tout ce qui, à tort ou à raison, s’est accordé le mérite de pouvoir participer à la course à la notoriété. A force, nos “ pays ” se sont vu abandonnés à quelques rares familles à qui quelques réussites locales, récentes ou de fort longues dates, ont donné l’illusion d’une puissance absolue.

Les familles…

Quelle petite ville de province ne possède pas ainsi sa ou ses familles qui, encore de nos jours, prétendent dicter les bonnes mœurs et distribuer les bons points ? En contrepartie de ces charges auto attribuées de sages, de patriarches de pères en fils, s’est établies, au fil du temps, une sorte de droit de ces familles-là à la réussite financière, quels qu’en soient les moyens.

Chez nous, leurs membres ne se distinguent guère du vulgum pecus que par quelques signes extérieurs plus convenus qu’autre chose. Le costume trois pièces en fut un, mais, les choses évoluant, ces gens-là se sont aperçus que trop s’afficher les desservait plus qu’autre chose. On porte donc le jean, même s’il est de meilleure coupe et brisant mieux sur le soulier verni que celui de tout un chacun ! Dans nos départements d’outre-mer et plus particulièrement à la Guadeloupe, ces artifices vestimentaires paraissent bien sûr pour ce qu’ils sont, c’est-à-dire des enfantillages. Il y a là-bas une différence bien plus fondamentale qui est la couleur de la peau.

Droits auto acquis des “ békés ”

Il y a bien sûr des noirs “ entrés ” dans le système et sachant fort bien en profiter, comme il y a beaucoup de blancs qu’un minimum de sens de la justice solidarise des manifestations actuelles. Il n’en reste pas moins que, selon ce qu’on nous en révèle, la Guadeloupe serait entre les mains de quatre familles de “ békés ”, pas une de plus.

On sait ce que sont ces békés, dont il importe peu qu’ils descendent pour de bon des esclavagistes de jadis, mais dont il est indiscutable qu’ils sont les principaux bénéficiaires d’un système qu’on les a laissé mettre en place. Se partager les points névralgiques de l’économie, la distribution des carburants, la grande distribution, les transports, etc. ne leur a procuré ni problème, ni état d’âmes… N’était-ce pas là, pour eux, une sorte de droit d’essence quasi divine acquis du seul fait de la naissance ? S’y ajoute une inébranlable conviction, toujours selon eux, d’avoir apporté suffisamment aux populations indigènes pour pouvoir maintenant prétendre tout récupérer, principal et – larges – intérêts.

Ils ont le dos au mur

Malentendu entre gens d’origines différentes ? Si ce n’était que ça ! Qu’il s’agisse des caricaturaux “ békés ” des Antilles ou de ces innombrables “ responsables ” qu’encombrent nos prétentions à vivre et à nous développer hors leurs schémas essentiellement urbains, le résultat est le même et abouti aux mêmes incompréhensions.

A la Guadeloupe, comme à la Martinique, à la Réunion, en Guyane ou à Saint-Pierre-et-Miquelon, la seule vraie différence avec les difficultés que nous rencontrons tient à ce qu’il s’agit de milieux très isolés. Il n’y a pas de train à prendre, où que l’on soit dans ces lointains départements, pour échapper à la suggestion de ces situations. Les restrictions à la politique d’immigration vers la métropole et la crise en ont fait des injustices insoutenables.

Là où notre combat n’est que la défense d’un milieu – celui de nos villages – où nous prétendons mieux vivre qu’ailleurs, nos concitoyens “ outre marins ” comme il devient de mode de s’exprimer, n’ont pas d’autre alternative que de s’élever contre un ensemble de brimades qu’on leur inflige sur place et auxquelles ils ne peuvent pas échapper.

C’est pourquoi il est urgent de leur manifester notre totale solidarité. Ils ont le dos au mur. Nous, non. Ce n’est pas une raison pour oublier les sources de nos combats qui sont et seront éternellement les mêmes : mieux vivre pour tous, sans contrainte et en bonne entente. Sous une autre forme, c'est écrit au fronton des mairies, les leurs comme les nôtres.

samedi, février 14 2009

NOTRE UTOPIE

Rester au village ou y revenir, participer au réveil et au développement de sa nouvelle économie, ce n'est plus utopique. Ou, du moins, c'est l'utopie dont ce blog fait sa règle de vie ; celle qui reste à faire : reconquérir l'espace rural.

Commentaire de JACQUES GRALL au sujet de « Suggestion iconoclaste ” du 10/02/09

Saint-Lazare, cest "ma" gare ! De la classe de 4ème à la fin des études, soit une dizaine d'années, je l'ai pratiquée deux fois par jour, voire plus. Puis après un séjour en province,pendant une trentaine d'années, pour aller au travail et en revenir. J'ai même envisagé de réclamer un diplôme de Saint-Lazarien d'honneur, mais à qui le demander ? J'ai connu tous les modèles de train de banlieue. J'ai même connu les trains qui arrivaient à l'heure ! Si, je le jure. Et puis la longue, lente et inéxorable dégradation du service public. Et celle de l'environnement: les empilements d'Arman (Consignes à vie, cour de Rome, les horloges, cour d'Amsterdam) entourés d'Algéco et autres clapiers à travailleurs, ont l'air de s'excuser de déranger les aménageurs au long cours. Depuis quelques décennies. Je sais, c'est hors sujet, mais cela fait du bien. Par contre, je me souviens qu'il y a eu, je ne sais plus quand, une tentative d'expérience originale à Saint-Lazare, avec la mise en place d'une sorte de bourse d'échanges où pouvaient se rencontrer ceux qui transitaient par la gare pour aller de leur logement à leur travail et ceux qui allaient, à l'inverse de leur travail à leur logement. Je ne sais pas si cela a eu un résultat; et je me demande même si je ne l'ai pas rêvé, tellement c'était astucieux...L'idée étant de faire se rencontrer ceux qui échangeraient leurs logements, ou leurs emplois. Il faut préciser que les habitants ou travailleurs qui passent par Saint-Lazare, n'habitent pas ou ne travaillent pas nécessairement dans Paris, mais peuvent provenir d'une autre banlieue... Pour confirmer les propos de l'hôte de ce blog, il y a en ce moment un mouvement intéressant. La SNCF supprime de nombreux arrêts de train sur la ligne Paris-Limoges-Toulouse. C'est vrai pour Cahors, pour Gourdon et Souillac, je crois. Des associations s'opposent et font même stopper les trains, illégalement bien sûr. D'où poursuites, évidemment. Un mouvement à faire connaître et à soutenir. Petite précision pour Tisha: le TNP a "émigré" à Villeurbanne; cela se voulait encore plus symbolique que Lyon. Mais, attention aux symboles, c'est souvent de la poudre aux yeux. Exemple : l'ENA à Strasbourg.

mardi, février 10 2009

SUGGESTION ICONOCLASTE !

La gare Saint-Lazare, à Paris, est en passe de devenir l’archétype de l’équipement urbain asphyxié par son hyper saturation.

DES PROJETS PHARAONIQUES…

En dix ans de temps, l’affluence s’y est accrue de 40%. Chaque jour, 1500 trains en partent ou y arrivent chargés de 450.000 passagers. Dans des structures qui n’ont pas évolué depuis les années 1930, le moindre grain de sable provoque la désorganisation complète du système. Le 23 janvier, le seul malaise d’un usager a entraîné, de fil en aiguille, un blocage quasi total de la gare à une heure de grande affluence… Ce genre d’incident est devenu presque quotidien au point que les voyageurs s’en prennent directement aux employés de la SNCF qui n’y peuvent rien…

Seule réponse des responsables : des projets de plans d’investissements pharaoniques. « Régler vraiment les problèmes se chiffre en milliards et à des horizons de cinq, voire dix ans » prévient un de ceux-ci rapporté par le journal Le Monde. Depuis les motrices dont certaines roulent depuis un demi-siècle, les voitures au moins aussi vieilles, jusqu’aux rails parfois usés jusqu’à la corde, tout est à reprendre. Mais rien ne sera suffisant… « Entre-temps, on aura construit davantage de logements et accru la population tout autour de Paris. » constate avec bon sens le secrétaire d’Etat chargé de la région-capitale (sic !) Christian Blanc (Nouveau Centre). Il est vrai qu’il tient ces propos moins pour proposer une solution alternative que pour démolir celle avancée par Jean-Paul Huchon, président PS de la région Ile-de-France…

… ET IRRÉALISABLES…

En attendant, les chiffres volent. On parle de 217 millions d’euros pour la seule réfection de la gare, de 18 milliards d’euros pour un énième “ plan transport ” concocté par la région… Au point qu’en fin de compte, cela ne veut plus rien dire du tout. « Je suis dubitatif quant au financement du projet Blanc » dit le président UMP du conseil général des Yvelines…

Ce qui fait une belle jambe aux franciliens qui avaient cru trouver une parade à l’envol des loyers parisiens et une bouffée d’air frais en allant s’installer en banlieue plus ou moins lointaine… Le trajet bi quotidien entre leur domicile et leur lieu de travail est devenu un enfer. Et personne, au fond, se soucie vraiment de s’atteler à ce problème… insoluble…

AU SECOURS DES GARES RURALES

Qui a remarqué, dans le même temps, que des usagers de la SNCF se battent pour que leurs gares rurales ne soient pas abandonnées ? Les structures existent. Il n’en coûterait pas un centime de plus à la SNCF de faire s’y arrêter des trains dont on a jugé, il y a quelques années, qu’ils pouvaient aussi bien s’en abstenir…

Peut-être aurait-on mieux fait, durant tout ce temps, d’aiguiller vers ces gares-là, plutôt que vers le centre des grandes villes où elles n’ont rien à faire, quelques-unes des entreprises que leurs salariés n’arriveront bientôt plus à rejoindre.

Une idée iconoclaste, je sais. Mais aussi une idée de simple bon sens qu’il n’est pas trop tard pour mettre en application.

lundi, février 9 2009

LA CRISE ? OÙ ÇA, LA CRISE ?

A toute chose malheur étant bon, c’est à se demander si la crise dont résonnent tous les échos politiques, sociaux, économiques et médiatiques ces jours-ci, n’est pas en train de devenir la chance à saisir de nos villages.

LES SOUS-PRÉFECTURES SAUVÉES ?

Il est vrai que la frénésie obscène qui s’est saisie du monde financier n’a évidemment pas intéressé beaucoup de ruraux… Et pour cause ! Monsieur Madoff et ses semblables sont de ces gens incapables d’imaginer qu’il puisse exister quelque chose au-delà de la Porte d’Orléans, et c’est aussi bien comme ça ! Leurs méfaits n’ont pas pu s’étendre à nos régions profondes !

Madame Alliot-Marie a annoncé l’autre jour aux Corses qu’aucune sous-préfecture de régions en difficulté ou en zone de montagne ne serait victime de la réforme des collectivités territoriales. On espère bien sûr qu’il ne s’agit pas là de propos sans autre fondement que le souci de notre ministre de l’intérieur de se concilier une population insulaire particulièrement sourcilleuse quand il s’agit de la gestion de son territoire et dont on sait qu’elle bénéficie de toute l’attention bienveillante du Président de la République…

Mais il s’agit surtout d’apaiser les choses, de ne surtout pas entrer dans les conflits que n’auraient pas manqués de soulever les réformes annoncées. En quelques semaines, les préoccupations ont radicalement changé. On a d’autres chats autrement importants et inquiétants à fouetter.

UN CIAT QUI N’EN ÉTAIT PAS UN…

La meilleure preuve en a été la dernière réunion du comité interministériel pour l’aménagement et le développement du territoire (CIAT) qui s’est tenue le 2 février dernier à Lyon. On a heureusement précisé son caractère exceptionnel. Car, si on y a parlé aménagement du territoire, ce ne fut que tout à fait incidemment, en même temps que de tout le reste, puisqu’elle a servi au gouvernement, en fait, à présenter les « 1000 premiers projets d’investissements » dont on attend qu’ils induisent la relance de notre économie.

Pendant ce temps, les villages continuent de vivre, ni mieux, ni plus mal qu’avant et commencent à apparaître à beaucoup comme des refuges où l’existence est encore quelque chose de supportable. Ne rêvons pas, il en a été ainsi à l’occasion de toutes les époques plus ou moins troublées, plus ou moins difficiles. Et le retour de bâton n’en a été que plus dur lorsque celles-ci se sont estompées. L’ingratitude et l’égoïsme ont toujours repris le dessus. Quoi d’étonnant à cela ?

QUID DE LA TAXE PROFESSIONNELLE ?

L’erreur serait de s’imaginer que, cette fois, il puisse en être autrement. Les choses, d’ailleurs, commencent bien mal. Ce ne sont évidemment pas nos villages qui encaissent la plus grosse part de la taxe professionnelle. Elle est pourtant l’essentiel des maigres revenus de beaucoup d’entre eux. Pourquoi, depuis le temps qu’on parle de la supprimer, a-t-on toujours renoncé ? Parce que le sort des plus petites collectivités locales ont, jusque-là, fait naître des scrupules dont on sait qu’ils n’étoufferont pas notre pouvoir actuel…

A NOUS DE NOUS DÉFENDRE !

Si l’état de la crise peut donner l’impression, pour l’instant, que nos villages ne tirent pas trop mal leur épingle du jeu, la plus grande vigilance est de mise dès maintenant pour le jour où on en sortira. Il faudra bien alors que nos dirigeants roulent des mécaniques pour faire oublier leurs erreurs. Et aux dépens de qui peuvent-ils le faire ordinairement sans risque de se faire rabattre le caquet ?…

A nous de réagir et de faire en sorte que la population rurale, minoritaire et surtout éparpillée, ne leur apparaisse pas, une fois de plus, comme une cible trop commode !

jeudi, janvier 29 2009

JE SUIS EN GREVE !

A la retraite depuis cinq ans, par ailleurs écrivains, ayant le défaut majeur de vivre au fond d’une profonde campagne… Sont-ce là des raisons valables pour m’écarter, me refuser l’honneur d’être compté au nombre de ceux qui refusent le gâchis de démocratie et de liberté dans lequel nous pataugeons ?

Ce soir, les grévistes, on va les compter en nombre d’absents de leurs postes de travail et de manifestants. A ce sujet-là, une petite recette toute bête et toute simple du temps où j’étais journaliste : vous additionnez le nombre de manifestants “ selon les organisateurs ” et celui “ selon la police ” ; vous divisez par deux et, sauf mauvaise foi patente de l’une ou l’autre des parties, vous arrivez à une évaluation en général assez précise de l’importance réelle des manifestations !

A l’heure qu’il est, je suis comme tout le monde ou presque : j’espère – et je crois dur comme fer – qu’on va assister à un raz de marée que la mauvaise foi égocentrique de nos dirigeants ne pourra plus ignorer. On peut rêver, non ? A tout âge !

Mais ce que je ne voudrais pas, c’est qu’on se contente de ces chiffres-là. Combien de centaines de milliers, de millions peut-être, sont ceux qui, comme moi, sont solidaires et se battent pour une société moins injuste sans qu’ils puissent tendre héroïquement la poitrine aux coups des CRS en folie ou… au décompte des recenseurs ?

Ceux-là, ils n’ont aucun piquet de grève, aucune manifestation de rue auxquels s’agréger. Leur combat, celui de ce blog, n’en est pas moins intense. Leur vision, c’est celle d’une société plus juste, mais surtout, pour pouvoir l’être, plus équilibrée, bien plus soucieuse du bien-être de l’individu que de la richesse de la société. J’aimerais – on peut rêver ! – que tout ceux-là aient les moyens de se lever comme un seul homme et de dire simplement « moi ! » lorsqu’il sera demandé « qui en était ? »

Oui, à mon bureau, devant mon ordinateur, comme tous les jours, je me sens profondément solidaire et gréviste.

Et je sens que, demain et pour longtemps encore, j’aurai à le rester Pour ceux qui le voudraient bien mais ne le peuvent pas ; pour ceux qui ne le sont pas encore, je suis et je resterai gréviste !

mardi, janvier 27 2009

LA POSTE NE VEUT PLUS DE SES BUREAUX RURAUX… ÇA VA MIEUX EN LE DISANT !

Dans l’édition du 27 janvier 2009 du journal le Monde, Anne Michel s’inquiète des intensions de la Poste concernant ses bureaux ruraux.

Ils sont 9700, en France, dans des communes de moins de 2000 habitants. La Poste constate qu’ils lui coûtent cher et, selon une démarche hélas classique, plutôt que de chercher à en augmenter la rentabilité, tente par tous les moyens de s’en débarrasser en douce.

Après tout, ça a bien marché pour la SNCF qui, en 2002, a transféré aux régions la gestion des trains express régionaux (TER). Ça a d’ailleurs bien marché pour tout le monde, même pour les utilisateurs qui, globalement, y ont trouvé leur compte. Le problème, c’est que les choses ne se comparent pas si facilement. Pour des raisons structurelles, le transfert des compétences a été possible pour la SNCF la où il aurait nécessité, pour la Poste, que soit adoptée une loi.

A quelques mois des élections européennes, on n’a pas douté, en haut lieu, qu’il y avait là un dossier pour le moins explosif. Peut-être n’était-il pas nécessaire de l’ajouter à tous les autres… Les régions, majoritairement tenues par la gauche, n’auraient évidemment pas manqué de crier haut et fort à l’étranglement par ce nouveau transfert de charges !

Les élections régionales devant suivre en 2010 les Européennes de 2009, on a quelques raisons d’espérer que ce nouveau et grave coup de canif donné au service public sera remis à plus tard. Se rassurer totalement serait pourtant mésestimer l’opiniâtreté de monsieur Jean-Paul Bailly, le patron de la Poste. Comme la grenouille de la fable qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, ce monsieur ne jure plus que par le métier de banquier… Facteur ? Fi donc ! A peine bon pour les ploucs ! Puisqu’on ne voulait pas de son plan de régionalisation des bureaux de poste ruraux, il a eu une autre idée… géniale !

Créons donc, a-t-il suggéré, une nouvelle structure juste bonne à débarrasser la Poste de ces maudits bureaux de campagne qui font taches sur sa belle réputation de banquier… Confions-en la gestion aux collectivités locales, départementales et régionales qui n’ont que ça à faire. Bon prince, il lui abandonnerait même le montant des Fonds de péréquation territoriale grâce auquel un timbre ne vaut pas plus cher en ville qu’au fin fond des campagnes. Qu’il se débrouille avec ça. Moyennant quoi la Poste se déchargerait sur ce nouvel établissement de tout ce qui concerne ces campagnes dont elle ne veut plus entendre parler… Aux dernières nouvelles, les services de l’Etat ont jugé plus “ raisonnable ” (sic) cette piste de travail qui ne nécessiterait pas le vote d’une nouvelle loi.

Au moins, sait-on maintenant à quoi s’en tenir. La direction de la Poste a enfin reconnu son aversion pour le fait rural. En admettant que le doute ait été permis, nous voilà avertis. La grande mobilisation, c’est dès maintenant qu’il faut la prévoir !

dimanche, janvier 25 2009

MÉDECINS DE CAMPAGNES

« Le ton monte entre les médecins libéraux et le gouvernement » constatait le journal Le Monde le 24 janvier dernier. A l’énoncé des efforts assez vains qu’entendent déployer les politiques pour repeupler le “ désert médical ” français, je me suis souvenu d’un livre ; La Burle de Paul Perrève (Lattès 1981 – Terre de poche De Borée 2002).

Bon, j’en conviens, le récit de ce toubib de campagne se termine mal puisque toute sa passion, tout son attachement à sa clientèle de petits paysans des rudes plateaux ardéchois n’ont pas suffi. Un jour, il a renoncé. Il est parti exercer en ville. « Il m’arrive de remonter là-haut de temps à autre », écrit-il, pour aller « goûter la saveur amère de ma trahison… »

D’un bout à l’autre, ce très beau livre est pourtant un véritable cri d’amour pour ces petites gens qui lui mènent la vie dure, mais qui l’ont plus dure encore. Lui, au moins, à l’espoir d’une autre existence. Eux ne peuvent même pas y penser.

Pourquoi cette race de médecins de campagne, comme celle des médecins de quartiers ouvriers, s’est-elles totalement éteintes en nous laissant tant de chaleureux souvenirs à l’âme ? J’entends encore la voix du nôtre me rassurant. Une fièvre d’enfant. Même si on sait que ça a 99% de chances de ne pas durer, ça inquiète, surtout quand il est tombé 50 centimètres de neige dans la nuit et qu’on habite depuis peu un écart sans téléphone que le chasse-neige n’est pas prêt d’atteindre… Depuis la cabine téléphonique du hameau voisin, j’ai entendu cet homme alors proche de la retraite me dire « S’il le faut, je viendrai à skis. » Je l’ai cru.

C’était de ça il y a trente ans. Autant dire dans une autre vie… Et je ne vois pas comment l’étrange cocktail de carottes d’incitations financières et de bâtons d’obligations d’exils périodiques en “ zones désertifiées ” (sic !) que semble préparer le ministère de la Santé, pourra faire renaître ce lien social qui existait presque partout entre soignants et soignés ruraux.

Les raisons de ce désamour existent, bien sûr. Comme toujours, on a préféré ne pas entendre ceux, comme Paul Perrève, qui les énoncent avec leur cœur. On s’est contenté de réformer les textes. Comme si l’affect était une affaire de textes…

mercredi, janvier 14 2009

LA RURALITE, CET ANACHRONISME…

Ça n’aura pas tardé ! Après le rapport de l’Observatoire des territoires publié le 9 janvier par la DIACT (voir ci-dessous), le tir de barrage annoncé se confirme.

Fin février, on aura droit au rapport concocté actuellement par la commission de réforme des institutions présidée par Edouard Balladur. De ce fin connaisseur des réalités de la France profonde on est tout de même en droit de redouter le pire…

Fin mars, ce sera au tour du préfet Hubert Blanc de remettre sa copie. Il lui a été demandé, en août dernier, de réfléchir aux reconversions possibles des régions d’un arc nord-est, Haute-Normandie, Picardie, Champagne-Ardenne, Lorraine, Alsace, auxquelles les récentes suppressions d’implantations militaires ont porté des coups dont leur perte de vitesse actuelle se serait bien passée. Les effets dévastateurs de la crise économique venant s’ajouter à cela, on souhaite beaucoup de courage au préfet…

On aura bien droit encore, avant l’été, à l’édification de quelques documents essentiels. Le terrain aura été ainsi copieusement préparé par la démoralisation générale des populations concernées. On pourra alors leur asséner le coup d’une réforme drastique n’ayant pas d’autre objet, au fond, que de tenter de limiter les dépenses.

Il est bien connu que la ruralité, cette anachronisme, coûte cher, très cher… Et d’ailleurs où trouver, sans ces économies de bouts de chandelles, de quoi parvenir, jour après jour, à désamorcer la bombe à retardement des banlieues exigeant – non sans raison – tous les équipements qui leur font cruellement défauts ?

On a laissé le piège prendre une telle ampleur que les besoins sont désormais incommensurables et que ce n’est évidemment pas en déshabillant le Paul des champs du peu qui lui reste qu’on parviendra à vêtir le Pierre des banlieues… Mais que voulez-vous y faire ? Ça fait des lustres qu’on agit comme ça. Pourquoi changer ? Surtout quand on manque cruellement d’imagination…

mardi, janvier 13 2009

RÉFORME DES COLLECTIVITÉS : ON ENTRE DANS LE VIF DU SUJET

A tout seigneur tout honneur, c’est à la Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT, ex DATAR) qu’est revenu celui, redoutable, de commencer le tir de barrage des enquêtes, sondages, rapports et documents divers qui ne vont pas manquer de pilonner notre actualité avant qu’entre en campagne l’infanterie politique à laquelle le chef de l’Etat à récemment remis sa feuille de route : la réforme des collectivités sera arrêtée « autour de l’été, voire à l’automne. » Rompez !

Dans un rapport rendu public le 9 janvier dernier, la DIACT situe le décor. Selon elle, seules, en France, les Régions Ile-de-France (première), Rhône-Alpes (7è) et Provence-Alpes-Côte-d’Azur (15è) affichent un produit intérieur brut (PIB) d’un niveau suffisant pour pouvoir prétendre figurer dans le peloton de tête de leurs homologues européennes… La question restant posée de savoir si ce fameux PIB est la bonne unité de mesure pour juger de l’opportunité du découpage des Régions…

Ah ! Ce que ce serait bien, toujours selon ce même rapport de l’Observatoire des territoires, si on regroupait des Régions ! “ Petit PIB + petit PIB ” pourraient peut-être alors donner “ gros PIB ” donnant accès au bonheur d’un tel classement… La finalité ne semble tout de même pas très claire. On ne voit pas très bien, dans une telle manœuvre, ce que cet ajout d’un échelon administratif supplémentaire – un de plus ! – changerait pour les zones qui rament le plus. Surtout quand on cite Auvergne et Limousin comme exemple de fusion envisageable …

Car il ne faut pas rêver. Imagine-t-on une Région acceptant de sacrifier ses services et surtout ses postes d’élus au bénéfice d’un de ces super regroupements ? Evidemment pas. Pas plus que les départements ont accepté de voir leurs pouvoirs et leur moyens redistribués avec les Régions lorsque celles-ci ont été créées.

Nul doute que, d’ici à l’automne prochain, nous ayons à revenir plutôt deux fois qu’une sur les péripéties de l’exploration de ce décor planté par la DIACT !

jeudi, janvier 8 2009

PLEIN EMPLOI !

Caricatural ! Et que ce soit dans les pages du très parisien Monde 2 du 3 janvier que l’on trouve ces lignes est encore plus jouissif ! Le journaliste, d’ailleurs, d’un bout à l’autre de son article, semble sur la réserve, comme s’il ne parvenait pas vraiment à croire à l’intérêt et à la crédibilité de son sujet. Il ne retrouve toute sa verve que pour constater qu’il n’est rien de parfait en ce monde et qu’il est tout de même quelques inconvénients à aller s’installer dans… le Cantal !

« A Paris, on pouvait manger japonais à toute heure de la journée… » fait-il dire à ses interlocuteurs fraîchement migrés du « 9-3 » vers une vallée du Cantal d’ailleurs non identifiée. Tout le monde sait que les Parisiens mangent japonais à toute heure du jour et de la nuit… Mais tout le monde ne sait pas que, alors qu’on parle avec des trémolos dans la voix des effets cataclysmiques de la crise sur l’emploi, le Cantal affiche sereinement une situation caractéristique du… plein emploi.

Les statisticiens estiment qu’on est dans cette rare situation en dessous de 5% de chômeurs. La France en est bien loin puisqu’elle a repassé la barre des deux millions de chômeurs et que, compte tenu des effets de la crise, on doit en être, à l’heure actuelle, à plus de 8% de la population active se retrouvant privée d’emploi.

Sauf dans le Cantal ! Avec à peine 4,8% de chômeurs, un des départements les plus ruraux de France en est à se plaindre de devoir se décarcasser pour aller recruter fort loin de chez lui. Cocasse l’étonnement du journaliste lorsque les employeurs d’Auvergne tiennent salon ouvert dans quelque palace de l’avenue de l’Opéra à Paris (premier arrondissement, précise-t-il !) à l’intention des candidats potentiels aux emplois qu’ils entendent pourvoir.

Et ils les trouvent ! « C’est bien la preuve, déclare le président de la chambre de commerce du Cantal, qu’il existe des quantités de gens qui, ne supportant plus la vie parisienne, sont prêts à venir s’installer en province. »

Tout le monde n’aime pas la cuisine japonaise !

lundi, décembre 22 2008

JOYEUX NOËL !

Fantaisie des saisons

Lire la suite...

Lieu de rencontre !

« Ça pourrait encore servir… » C'est là, bien rangé, sur un terre-plein ou au fond d'un hangar. Ça encombre bien un peu. « Mais on ne va tout de même jeter ça… »

Peut-être, ça pourrait servir à d'autres ? Peut-être d'autres recherchent ce dont vous n'avez plus l'utilité ?

Une sorte de grand fourre-tout, un vide grenier à l'échelle de la France ! Allez-y, proposez. Il y aura bien preneur !

Quant aux sous, ça, ce n'est pas notre affaire ! Vous vous entendrez bien entre vous !

- page 1 de 2